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Une semaine d'actualité sur nouvelobs.com

NOUVELOBS.COM | 14.11.2009 | 17:34

Des cérémonies du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin aux accusations de Charles Pasqua dans l'affaire de l'Angolagate, le tour de l'actualité du lundi 9 novembre au vendredi 13 novembre.

On commence la semaine avec un anniversaire : les 20 ans de la chute du Mur de Berlin, symbole de la fin de la Guerre Froide et de l'effondrement du communisme. L'Allemagne a célébré dans la liesse, avec de nombreux chefs d'Etat cet anniversaire. Plus de 100.000 personnes ont assisté aux cérémonies grandioses tandis que les grands de ce monde plaidaient pour un nouvel élan diplomatique au nom de la paix mondiale.

Un anniversaire qui a également marqué par la polémique sur la présence ou non de Nicolas Sarkozy dès le 9 novembre 1989 à Berlin. Incohérences, problèmes de date, commentaires… La controverse aura eu le mérite d'amuser les internautes, qui se sont montrés très créatifs, notamment en détournant des photos.
Mais cet anniversaire a été aussi l'occasion de rappeler que des murs de séparation existent encore dans le monde : les murs du XXIe siècle.

Cérémonie encore : celle du 11 novembre, marqué cette année par la présence pour la première fois d'un chef de gouvernement allemand. Le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel, ont célébré ensemble l'armistice marquant la fin de la Première guerre mondiale.
Nicolas Sarkozy a profité de cette semaine de commémorations pour justifier le débat sur l'identité nationale, qui a fait grand bruit depuis son lancement. "C'est avec cette politique de l'autruche qu'on laisse le champ libre à tous les extrémismes. C'est pourquoi j'ai voulu ce débat. C'est pourquoi j'ai voulu que nous discutions ensemble, que nous réfléchissions ensemble", a dit notamment le chef de l'Etat lors d'un discours dans la Drôme. Un discours imprévu, qui arrive au moment où le "kit de l'identité nationale" a été distribué aux préfets.
Mais l'intervention du chef de l'Etat n'a pas stoppé la polémique. La première secrétaire du PS, Martine Aubry a accusé Nicolas Sarkozy, "un président aux abois", de vouloir faire diversion.

Polémique toujours : le député UMP Eric Raoult a demandé à Frédéric Mitterrand de rappeler à Marie NDiaye, lauréate du prix Goncourt 2009 pour "Trois femmes puissantes" de respecter un "devoir de réserve". La romancière avait qualifié dans une interview aux Inrockuptibles de "monstrueuse" la France de Nicolas Sarkozy. "Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux".


En réponse à Eric Raoult, Marie NDiaye en a appelé à son tour à Frédéric Mitterrand pour qu'il "mette un point final à cette histoire ridicule". Elle en a également profité pour maintenir ses propos. Mais le ministre de la Culture a refusé d'entrer dans la polémique, refusant d'arbitrer le différend. "Je n'ai pas à arbitrer entre une personne privée qui dit ce qu'elle veut dire et un parlementaire qui dit ce qu'il a sur le cœur [...], ça me regarde en tant que citoyen, cela ne me concerne pas en tant que ministre". Marie NDiaye a pris note de la position de Frédéric Mitterrand, considérant que l'affaire était close, selon son éditeur. La controverse ne devrait pas s'arrêter là, les membres de la classe politique se mobilisant.

Brice Hortefeux, épinglé par la romancière, a lui présenté son bilan de la délinquance, évoquant une "rupture avec une tendance à la hausse". Le nombre des violences physiques a augmenté de 3,75% entre novembre 2008 et octobre 2009 par rapport à la même période un an auparavant, tout en marquant une "fin d'accentuation de la hausse (de la délinquance)" (sic), révèle l'Observatoire national de la délinquance (OND).

Du côté des affaires, la semaine a été particulièrement riche. Le sénateur polynésien (divers droite), Gaston Flosse, a été placé en détention provisoire. Il est soupçonné de corruption dans le cadre de l'affaire de la régie publicitaire de l'annuaire téléphonique de la Polynésie. Son immunité parlementaire avait été levée le 3 novembre.
De son côté, l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, condamné à un an de prison ferme dans le procès de l'Angolagate, a assuré lors d'une conférence de presse très médiatique : "En 1995, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Charles Millon (..) étaient informés des ventes d'armes vers l'Angola". On pourra également lui décerner la palme de la phrase de la semaine. "Est-ce que quelqu'un imagine un seul instant que je me prostituerais pour une décoration ? Est-ce qu'on m'a bien regardé ?". Les réactions n'ont pas tardé à tomber. Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, jugeant "très pathétiques" les accusations portées par Charles Pasqua contre Jacques Chirac.

Dans l'Hexagone, la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) a démarré pour la population prioritaire.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, en a profité pour se faire vacciner devant les caméras, une opération de communication alors que les Français renâclent à se faire vacciner.
Et le cas "probable" de syndrome Guillain-Barré (SGB), une maladie rare du système nerveux périphérique, signalé après une vaccination, ne devrait pas les y engager davantage. "Le lien de causalité n'est pas établi et est même sérieusement contesté", a tenté de rassurer Roselyne Bachelot.

En France toujours, un couple d'homosexuelles a été autorisé par une décision de justice à adopter, relançant le débat. Alors que 57% des Français souhaite que que le droit à l'adoption soit accordé aux couples homosexuels, selon un sondage BVA pour Canal +, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a exprimé son opposition. Il a précisé qu'il entendait faire prévaloir ce point de vue dans sa famille politique en dépit "d'avis différents". On pourrait donc encore entendre parler de cette question dans les semaines à venir.

En Belgique, le corps du petit Younès Jratlou, âgé de quatre ans, a été retrouvé dans une rivière. Il était porté disparu depuis fin octobre, après une dispute de ses parents.
Dans l'actualité internationale, le président américain a entamé sa première tournée en Asie. Au Japon, il a estimé qu'une visite de sa part à Hiroshima et Nagasaki, les deux villes japonaises détruites par les bombes atomiques américaines, serait "justifiée". A ce jour, les Etats-Unis ne se sont jamais excusés et aucun président en exercice ne s'est rendu dans les deux villes martyres.

(Nouvelobs.com)