Bilan de la sécheresse des sols superficiels au 05 août 2015

Après un mois de juillet exceptionnellement chaud et sec, une sècheresse des sols particulièrement sévère s'était installée sur une partie importante du territoire national  (voir bilan du mois de juillet 2015).

Les 5 premiers jours du mois d'août, bien que très chauds, ont vu le retour de la pluie  un peu partout en France (sauf sur la frange littorale méditerranéenne, la Corse, les Pays-de-la-Loire, la Basse et la Haute-Normandie). Les cumuls de précipitations ont atteint ou dépassé les 10 mm, sur le sud de Poitou-Charentes, le Limousin, le sud de la région Centre, le Nord de l'Auvergne, le Sud de la Bourgogne et le Nord de la Franche-Comté. Ils ont dépassé parfois 20 mm sur l'est de Poitou-Charentes et le nord du Limousin, ou sur le sud de la Bourgogne.

Cette évolution récente temporise la sécheresse des sols superficiels sur certaines zones (Charente, Nord du Limousin, Haute-Saône) mais ne modifie pas globalement la situation. Cette dernière reste en effet préoccupante sur un grand quart nord-est du territoire : l'humidité des sols y reste anormalement basse et proche des valeurs record depuis 1959.

La sécheresse des sols superficiels (dite "agricole" *) ne constitue qu'une composante de la situation hydrologique globale. Les autres composantes de la sècheresse comme le débit des rivières, suivi par les services du ministère du Développement durable, ou le niveau des eaux souterraines suivi par le BRGM ne présentent pas le même niveau de gravité à ce jour.

Plus d'informations sur la situation hydrologique globale : consulter le site eaufrance http://www.eaufrance.fr

Précipitations pour les 5 premiers jours du mois d'août 2015

Carte France Cumul des précipitations sur 5 jours au 5 août 2015
 

Indice d'humidité des sols le 05 août 2015

Moyenné à l'échelle de la France, l'indice d'humidité des sols au 05 août 2015 atteint une valeur qui n'est observée en moyenne qu'une à deux années sur dix. L'indice d'humidité des sols est particulièrement faible dans un grand quart nord-est. Sur les régions Champagne-Ardennes et Lorraine, il connaît des valeurs records (sur la période 1959-2015) depuis la mi/fin juillet. L'Alsace et la Bourgogne restent proches des  valeurs records. En Auvergne les valeurs sont également très faibles (inférieures à celles que l'on observe une année sur 10).
La Bretagne, les départements bordant les Pyrénées, les Savoies et les Alpes de Hautes Provence connaissent, quant à eux,  une situation non préoccupante au regard de la sécheresse des sols superficiels.

Carte France Ecart à la normale de l'indice d'humidité des sols le 05 Août 2015

 

* On distingue plusieurs types de sécheresses

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite "agricole", se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces "différentes" sécheresses peuvent intervenir à différents moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

(Météo France)