Meuse : Loisey et Culey sévèrement touchés par un orage

Le violent orage de mardi en fin d’après-midi a eu d’importantes répercussions avec la montée du niveau du ruisseau qui traverse les deux villages.

«Ici, c’était le Titanic. » Si au lendemain, il n’y paraît quasiment plus rien dans les rues du village, l’image employée par David Encherin, le maire de Loisey, résume parfaitement la situation critique subie après qu’un violent orage s’est abattu mardi en fin d’après-midi. Même chose à Culey, le village voisin. Celui de Guerpont a été impacté dans une moindre proportion.

Quand on vise les champs, quand on découvre l’état des chemins communaux ou privés bien abîmés, on mesure mieux la tourmente vécue par les habitants. Beaucoup confient n’avoir rien vu de tel depuis les inondations de 1972. Une comparaison qui en dit long.

Pluie et grêle : c’est entre 17 h et 17 h 30 que les éléments ont commencé à se déchaîner. Les trop fortes précipitations ont eu pour effet de faire monter le niveau du ruisseau qui traverse les deux communes, jusqu’à le faire déborder. « On ne voyait plus la route. C’est monté d’un seul coup parce qu’il n’arrivait plus à absorber toute l’eau qui arrivait des trois vallons. Et comme on se situe en fond… » Malgré l’intervention des pompiers, plusieurs maisons se sont retrouvées inondées. « Deux particulièrement avec au moins 40 cm dans les zones d’habitation. Les occupants ont passé la nuit soit chez des voisins soit chez des enfants », précise l’élu. Qui, tout comme son homologue de Culey, Lydéric Enchery, tient à « souligner la solidarité entre les habitants. Tout le monde s’est entraidé. Les ados ont pris des balais pour aller nettoyer chez des petites grands-mères ». La communauté d’agglomération a réagi en faisant intervenir la cureuse afin de déboucher les buses obstruées, se proposant d’assister les municipalités si besoin.

Dès hier matin, David Encherin a envoyé le formulaire pour demander la déclaration de catastrophe naturelle. « Par fax, parce qu’on n’a plus de réseau internet. » Lydéric Enchéry, s’est, lui, rendu directement en préfecture à Bar-le-Duc pour faire de même. « On compte sur l’État pour réparer nos voies rurales qui ont été ravinées, et nos chemins communaux soulevés. »

Il travaillait dans sa ferme quand les intempéries ont commencé. « Il tombait des grêlons gros comme des œufs de pigeons. » Tout aussi grave, des « torrents de boue » se sont déversés. Au volant d’un manitou équipé d’un gros godet à grains, il s’est posté au milieu de la route afin d’arrêter ce qu’il pouvait. Les photos et des vidéos prises par plusieurs de ses administré(e) s attestent de l’ampleur du déluge. « Impressionnant. Affolant », souffle Pierre Dru en montrant quelques clichés sur son smartphone. « Et en un rien de temps. Il y a 40 ans que j’habite là, je n’avais jamais vu ça. Plus ça venait, plus ça grossissait. Les avaloirs se sont bouchés, les grilles ont été soulevées. »

Et d’estimer que les travaux de réfection de la chaussée et des trottoirs réalisés l’an dernier ont permis d’éviter des dégâts plus importants dans les maisons. Lydéric Enchery ne manque pas de faire grise mine à la vue d’une parcelle dévastée avant d’avoir été fauchée. « Les fruits, le maïs… tout est fricassé », se désole-t-il. Orage, ô désespoir.

 

Nouvelles inondations dans le nord de la Meuse

Sur la route d’Autreville, devant sa maison, Mme Louis est à la fois catastrophée et fataliste : « C’est la deuxième fois que cela arrive. La dernière fois, c’était il y a dix ans ! » En moins de cinq minutes, ce mercredi matin, en plein orage, l’eau est arrivée des hauteurs, traversant la route : « Jusque dans mon sous-sol et mon garage. J’y avais garé ma voiture ! Un véhicule d’occasion que mon fils venait de refaire il y a quelques jours. »

Conséquence : près d’un mètre d’eau dans le garage et de la boue partout. « J’avais l’impression que deux orages s’affrontaient. Toute l’eau se déversait : ça arrivait partout avec une force incroyable ! »

Même scénario à Autreville ou l’eau est également arrivée des hauteurs avec son cortège de boue, notamment dans un hangar agricole. Idem à Inor ou l’eau a raviné et est arrivée de la route de Malandry et du chemin de Son, inondant la départementale entraînant cailloux, et gravats. À l’ancienne gare, c’est un talus qui a provoqué des dégâts. Tout au long de la soirée, les Inoriens se sont donné la main pour nettoyer et balayer la route pour éviter le pire. Ce mercredi matin, au secrétariat de mairie, on se renseignait pour la déclaration de catastrophes naturelles.

Du côté des sapeurs-pompiers, ils n’ont pas été appelés sur le secteur.

 

(L'Est Républicain)