Point sur la situation Hydrologique en Lorraine au 31 Mai 2017

 Malgré une pluviométrie en moyenne proche de la normale, la sécheresse des sols* s'est accentuée fin mai, suite aux fortes chaleurs sur la majeure partie du pays. Elle reste toutefois moins sévère et plus localisée que lors de la sécheresse exceptionnelle du printemps 2011.

 Carte: Humidité des sols superficiels au 29 mai en 2017

> En France

Avec un déficit pluviométrique proche de 30 % les six derniers mois sur l'Hexagone, les sols superficiels sont secs, notamment sur les régions du Nord où la situation reste préoccupante. 

Le déficit d'humidité est marqué du département du Nord et de l'Aisne à la Moselle, du sud des Pays de la Loire au Poitou-Charentes ainsi que du Gers à l'Aude. 
Sur la Corse, après un hiver très arrosé, les précipitations ont été quasi absentes depuis début mars. La sécheresse des sols superficiels atteint d'ores et déjà des valeurs records.
En revanche, de la Bretagne à la Normandie et au sud de l'Île-de-France, l'indice d'humidité des sols revient progressivement à la normale.
Les précipitations n'ont pas été suffisantes cet hiver. Dans différents territoires, les réserves d'eau ne sont pas disponibles comme les autres années pour venir en soutien des différentes activités. Les activités vont dépendre de la régularité des pluies. Puisqu'on n'a pas de réserves suffisantes, il faut que la pluie vienne régulièrement. Quand cette pluie est un peu irrégulière, immédiatement la situation de sécheresse s'aggrave. C'est ce qui s'est passé au cours du mois de mai. Il a plu dans l'Ouest. La situation s'est améliorée sur la Bretagne et la Normandie mais inversement sur le Grand Est, il a plu très peu, la situation s'est encore aggravée.
Après un début de semaine estival, les précipitations attendues pour la fin de semaine devraient contribuer à une nouvelle amélioration de la situation des sols. Les précipitations des prochaines semaines seront déterminantes pour les Hauts-de-France et le Grand-Est, afin d'éviter une aggravation de la sécheresse sur ces régions. 

Au printemps 2011, après une pluviométrie très déficitaire, la sécheresse des sols superficiels beaucoup plus marquée et plus précoce qu'en 2017 avait débuté mi-avril. Suite à un mois de mai 2011 record en matière de chaleur et de faible pluviométrie, l'assèchement s'était aggravé, atteignant des valeurs records durant tout le mois de mai. Cette sécheresse avait concerné le pays jusqu'à mi-juillet.

Au niveau National la sécheresse actuelle est moins sévère et plus localisée que lors de la sécheresse du printemps 2011. Cependant au niveau régional (la Lorraine) on se rapproche de la sécheresse du printemps 2011 sans l'atteindre pour le moment. La Lorraine est l'une des régions les plus sèches et l'une des régions qui accuse le plus fort déficit pluviométrique de France.

La sécheresse gagne du terrain en France. Une quinzaine de départements sont concernés par des restrictions d'eau. Les deux tiers des nappes phréatiques affichent un niveau bas et les sols sont secs dans plusieurs régions. 
Humidité des sols superficiels au 29 mai en 2017 et 2011
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Humidité des sols superficiels en 2017 et en 2011
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Quelles sont les prévisions dans les prochaines semaines ?

Dans les deux prochaines semaines, c'est plutôt le retour de la pluie mais un signal chaud qui se prolonge pour la fin du mois de juin et peut être tout l'été. Ce n'est pas positif sur le front de la sécheresse. Plus globalement, on observe une aggravation très sensible depuis les années 80 et les projections climatiques sont très pessimistes sur leur évolution dans le climat futur.

 

> En Lorraine

Côté hydrologique: L'absence de précipitations notables depuis le 20 mai, conjuguée à des températures diurnes très élevées a entrainé une baisse générale des débits de tous les cours d'eau. Si pour l'instant, seules deux stations de la zone d’alerte Moselle-Sarre sont passées sous le seuil de vigilance, l'ensemble des points de mesure se rapproche sensiblement du seuil de vigilance. Dans le détail:
 

- Pour la zone d'alerte Moselle-Sarre, sur 27 stations, 2 stations sont sous le seuil de vigilance.

- Pour la zone d'alerte Meuse, sur 9 stations, aucune station n'est sous le seuil de vigilance.

- Sur le bassin amont de la Saône (partie vosgienne), sur 7 stations, aucune station n'est sous le seuil de vigilance.

- Pour l'Ouest Meuse: L’état des eaux de surface s’est aggravé par rapport au dernier bulletin. Les bassins sont toujours en état normale mais l'ensemble des points de mesure se rapproche sensiblement du seuil de vigilance.
 

Analyse pour la Lorraine: La période de fin Mai a été marquée par de fortes chaleurs et un temps sec ce qui a contribué à augmenter l'évapotranspiration et l'état de sécheresse. Il est maintenant clair, si les 15 premiers jours (voir le mois entier) de Juin restent en fort déficit, la situation ne peut que s'aggraver sur le plan des eaux de surface (rivières) et sur le plan des nappes souterraines. La période de recharge n'a pas été suffisante pour recharger de manière confortable les nappes phréatiques. Au vu des dernières semaines sèches, d'une prévision vers un temps majoritairement sec ou légèrement humide mais insuffisant pour renverser la tendance. On peut conclure que les nappes vont encore baisser en particulier vers la Champagne-Ardenne et l'Ouest Meusien où la situation est un peu plus tendu qu'ailleurs. Les eaux de surface devraient baisser aussi partout si la situation ne change pas.


La situation est à suivre pour les prochaines semaines. Prochain point vers la mi Juin.

 

*On distingue plusieurs types de sécheresses :

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite « agricole », se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces « différentes » sécheresses peuvent intervenir à divers moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

(Avec Météo France et Dreal Grand Est)