Point sur la situation Hydrologique en Lorraine au 04 Juillet 2017

 Au lendemain de l'épisode  caniculaire de juin, la sécheresse superficielle* des sols a atteint son paroxysme, avec un indice de sécheresse des sols souvent proche des records. À la faveur de la dégradation pluvio-orageuse de la fin-juin début-juillet, les pluies parfois copieuses qui ont touché une grande partie du territoire ont partiellement amélioré la situation, notamment sur une grande moitié ouest. Des frontières du nord au flanc est, l'arrosage n'a toutefois pas été suffisant. 

Cumuls des précipitations sur la France du 26 juin au 2 juillet 2017

 Cumuls de précipitations du 26 juin au 2 juillet 2017

> En France

Durant l'épisode perturbé de la semaine passée (du 26 juin au 2 juillet), les cumuls de pluie ont été très hétérogènes : s'il est tombé de 1 à 2 mois de pluie en seulement une semaine en Nouvelle-Aquitaine et en Auvergne, les précipitations ont été plus faibles ailleurs, avec en particulier "seulement"  l'équivalent de 1 à 2 semaines de pluie des Hauts-de-France jusqu'en Alsace.

L'indice d'humidité des sols répondant rapidement aux précipitations, les sols sont redevenus normalement humides en surface sur la vaste zone où elles ont été abondantes. La sécheresse n'a en revanche pas évolué, voire s'est accrue, dans les zones les plus épargnées par les pluies.

Suivant la période de l'année où elle tombe, la pluie n'alimente pas les sols de la même manière. En effet, en automne et en hiver, lorsque l'évaporation devient négligeable et que la végétation est en dormance, les précipitations s'infiltrent jusqu'aux nappes phréatiques : c'est la saison de recharge des nappes. Au contraire, à la "belle saison" (végétation en pleine croissance et évaporation marquée), la pluie n'alimente quasiment que la partie superficielle des sols, où elle est majoritairement captée par les végétaux. C'est la saison d'étiage. Ainsi, les pluies d'été n'alimentent pas les nappes phréatiques, qui sont en net déficit cette année, comme l'a rappelé récemment le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), l'organisme de référence chargé du suivi des nappes phréatiques. 

Quelles sont les prévisions dans les prochaines semaines ?

Dans les deux prochaines semaines, c'est plutôt un temps alternant des périodes sèches avec parfois des chaleurs modérées voire forte et des périodes orageuses mais pas de précipitation significative. Dans cette perspective la sécheresse qui a légèrement ralenti en Lorraine, va s'accentuer de manière importante.

 

> En Lorraine

Côté hydrologique: La situation hydrologique des bassins de la Meuse et de la Moselle s'est encore dégradée en ce début de semaine 26. En effet, les débits minimaux sur trois jours consécutifs (VCN3) ont été observés avant que les pluies du milieu de semaine ne fassent légèrement réagir les cours d'eau. En conséquence, toutes les zones de gestion sont maintenant en situation d'alerte renforcée. 
 
Sur le bassin de la Sarre et des affluents alsaciens du Rhin, les débits sont tous remontés suite aux orages en début de semaine 26 mais cette remontée est limitée et temporaire (les niveaux repartent à la baisse). La zone Sarre reste en "vigilance".

Ouest Meuse: L’état des bassins versants est identique par rapport au dernier bulletin. Les bassins (Aisne amont, Marne amont et Saulx-Ornain) sont en état d’alerte. 
 

 

*On distingue plusieurs types de sécheresses :

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite « agricole », se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces « différentes » sécheresses peuvent intervenir à divers moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

(Avec Météo France et Dreal Grand Est)