Europe : juillet très contrasté

Depuis le début de l'été, l'Europe a connu des conditions très contrastées entre le nord-est du continent, souvent soumis à des régimes océaniques frais et humides de nord-ouest, et le sud-ouest de l'Europe où les épisodes de fortes chaleurs caniculaires ont été récurrents avec des valeurs parfois record en Espagne.
 

Une situation qui perdure depuis la mi-juin

Cette situation météorologique s'est installée dès la mi-juin avec les premiers épisodes caniculaires sur la péninsule ibérique remontant rapidement vers la France, qui a connu un épisode de canicule précoce au moment du solstice d'été (avec par exemple 37 °C en région parisienne et jusqu'à 38 °C dans le Sud-Ouest).  En Espagne, le mois de juin 2017 a été le plus chaud depuis 1965 avec une température moyenne 3 degrés au-dessus de la normale. C'est au cours de ce mois de juin que le Portugal a connu des feux de forêt particulièrement ravageurs.
D'autres pics de chaleur ont alterné avec des séquences plus fraîches en juillet. Dans certaines villes andalouses, des records absolus ont même été battus avec 45,7 °C à Grenade le 12 juillet ou 46,9 °C à Cordoue le lendemain. Ces poussées d'air chaud se sont ensuite propagées plus ou moins intensément vers l'Europe centrale ou les Balkans mais n'ont jamais atteint le nord-est du continent, du nord des Pays Baltes au nord-ouest de la Russie, qui est resté en permanence sous l'influence de masses d'air frais en flux de nord-ouest. La capitale russe a même connu une de ces journées les plus fraîches observées à cette époque de l'année avec seulement 12,4 °C au meilleur de la journée le 8 juillet, à 2 degrés du record absolu de froid datant du 7 juillet 1952 (pour une normale mensuelle sur la période 1981-2010 de 24,3°C). Au 27 juillet, Moscou n'avait toujours pas connu un seul jour de forte chaleur (température maximale supérieure à 30°C) depuis le début de la saison estivale même s'il s'en est approché avec 29,1°C le 27 juillet.
 
Voici les anomalies hebdomadaires de température sur le continent depuis le 11 juin (© NOAA, agence nationale américaine en charge de la météo) :
 
Animation des anomalies hebdomadaires de température sur l'Europe depuis le 11 juin 2017
(Cliquer sur l'animation pour l'agrandir)
 
Cette situation apparaît clairement sur les anomalies normalisées de la température au niveau 850 hectopascals (situé vers 1500 mètres, il est représentatif de la masse d'air) telles qu'elles ont été analysées par le modèle européen du 1er au 27 juillet :

Anomalie de température à 850 hPa du 1er au 27 juillet 2017
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La France se situe globalement dans l'air doux malgré la séquence fraîche de la troisième décade de juillet. L'anomalie provisoire du mois de juillet avoisine les les +1 °C, ce qui fait de juillet 2017 un mois de juillet plutôt chaud mais loin derrière les mois de juillet les plus chauds comme 1983 et surtout 2006.
 

Vers une configuration différente début août 

La séquence fraîche que la France vient de connaître s'achève avec le retour à des valeurs de saison, souvent entre 25 et 30 °C pour les derniers jours de juillet sous un ciel encore parfois instable et quelques épisodes orageux. Pour les premiers jours d'août, une poussée d'air très chaud remontant de Méditerranée vers l'Europe centrale concernera en partie l'Hexagone, notamment l'est et le sud où de fortes chaleurs sont attendues entre le 1er et le 4 août. Au même moment, les côtes de la Manche, et d'une façon plus générale le nord-ouest du continent entre les îles Britanniques et la Scandinavie, connaîtront des températures beaucoup plus modérées et proches, voire en dessous des normales saisonnières. 
Ce découpage nord-ouest/sud-est (et non plus nord-est/sud-ouest) apparaît clairement sur la carte des anomalies de température prévues sur le continent par le Centre Européen de Prévision pour la semaine du 31 juillet au 6 août :
 
Anomalies de température à 2 m prévues pour la semaine du 31 juillet au 6 août 2017
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(Météo France)