Point sur la situation Hydrologique en France et en Lorraine au 01er Novembre 2017

 

> En France

Avec un déficit proche de 70 %, octobre 2017 se classe au 5ème rang des mois d’octobre les plus secs sur la période 1959-2017, derrière 1978, 1969, 1985 et 1971. Le mois d’octobre 2017 a été marqué par des conditions anticycloniques dominantes sur l’Europe de l’Ouest. Le flux perturbé a été rejeté sur le nord de l’Europe, privant la France de précipitations significatives. Sur le quart sud-est du pays, les pluies ont été quasi absentes hormis des Pyrénées-Orientales au sud-ouest du Massif central lors d’un épisode méditerranéen peu intense les 18 et 19. Le déficit de pluviométrie, remarquable sur la quasitotalité du pays, est record sur la région Provence - Alpes - Côte d’Azur.
Le déficit pluviométrique récurrent sur l’ensemble de la région PACA ainsi que sur le Gard et la Corse a contribué à une nouvelle aggravation de la sécheresse des sols superficiels, établissant de nouvelles valeurs records.

 

> En Lorraine

Précipitations:

 Les pluies d'octobre sont déficitaires globalement sur le bassin Rhin-Meuse par rapport à la normal des mois d'octobre. Le déficit global brut est de l'ordre de 50%, à l'exception des contreforts vosgiens qui ont été plus arrosés. L'écart pondéré à la normal de l'humidité des sols est très hétérogène à l'echelle du bassin (de -80% à +30%). Des secteurs comme l'ouest du département des Vosges et dans une moindre mesure, le nord est du département de la Meuse et l'est de la Moselle, sont encore impactés par des indices d'humidité de sols inférieurs à la moyenne

 

Légende: Le graphique de Erneville aux bois dans la Meuse. (Cliquer sur les graphes pour les agrandir)

 

Côté hydrologique:

La situation s'améliore nettement malgrès une baisse des niveaux. 

Pour l'ouest de la Meuse: En octobre, la plupart des hydraulicités sont en baisse par rapport au mois de septembre pour les stations des bassins non crayeux. Concernant les bassins crayeux, la moitié de celles-ci sont encore en hausse. Les écoulements sont majoritairement inférieurs à la moyenne d’un mois d’octobre. 36 stations enregistrent des hydraulicités inférieures à 0,5 contre 20 en septembre.
Au mois d’octobre, la plupart des fréquences de VCN3 des stations crayeuses et la moitié des fréquences des stations non crayeuses sont en hausse. De ce fait, le nombre de stations affichant des fréquences conformes ou supérieures à la médiane est en augmentation par rapport au mois de septembre (45 stations contre 33 en septembre).

 

Nappes Souterraines:

Les pluies d’octobre sont déficitaires globalement sur le bassin Rhin-Meuse par rapport à la normale des mois d’octobre. Cette situation hydrométéorologique perturbe la tendance à l’amélioration amorcée le mois dernier. La tendance est à la stabilité ou à la légère dégradation par rapport au mois précédent pour la majorité des stations des nappes des calcaires de Lorraine. Les niveaux de ces nappes sont conformes aux moyennes d’un mois d’octobre, sauf à certaines stations de mesure où le niveau est modérément bas (proche des 5 ans sec).

 

Sécheresse - Nappes Lorraine

 

Ailleurs en France:

Les deux tiers environ des nappes (71%) affichent un niveau modérément bas à très bas. La prolongation d’une situation de basses eaux n’est pas totalement habituelle pour cette période de l’année. La situation est assez dégradée en l’absence de premières pluies automnales importantes. Plusieurs secteurs présentent des niveaux autour de la moyenne comme le sud du Bassin parisien ou sur la partie ouest du bassin Adour-Garonne. Le reste du territoire présente des niveaux modérément bas voire bas. La vallée du Rhône au sud de Lyon ainsi que le secteur du Périgord et du bassin Angoumois présentent quant à eux des niveaux très bas.

 

Côté Sécheresse:

Au 24 Novembre 2017: 25 départements en France ont pris au moins une restriction d'usages de l'eau sur leur territoire.

Au 24 Novembre 2017: Aucune restriction sur les départements en Lorraine. 

 

 

Analyse (au /) pour la Lorraine:

Retour des analyses en Mai.

 


Jusqu'a la mi Mai, le bulletin hydrologique est simplifié. Prochain point vers la mi Décembre.

 

 

*On distingue plusieurs types de sécheresses :

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite « agricole », se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces « différentes » sécheresses peuvent intervenir à divers moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

(Avec Météo France, BRGM, Eau France et Dreal Grand Est)