28 Février 2018: Nuit la plus froide de l'hiver

Depuis dimanche 25 février, une masse d'air particulièrement froid pour la saison s'est engouffrée sur l'Hexagone. S'il s'agit d'une vague de froid de courte durée et d'intensité modeste à l'échelle de la France, on peut noter son caractère tardif. On ne recense en effet que deux épisodes s'étant produits quasiment au début du printemps météorologique au cours des 50 dernières années : la vague de froid de fin février et début mars 2005 et surtout l'incroyable vague de froid du début mars 1971.
 

Mardi 27 : journée exceptionnellement froide

Après les chutes de neige de la veille et de la nuit, de la Côte d'Azur à la Corse, le pays a retrouvé un temps généralement sec et plutôt ensoleillé, mais le soleil de cette fin d'hiver météorologique n'a pas permis aux températures de grimper. Les valeurs sont restées négatives sur un tiers nord-est, jusqu'en région parisienne, et faiblement positives ailleurs. À l'échelle nationale, la température moyenne de mardi 27 (englobant les minimales de la nuit précédente et les maximales de la journée) affiche une valeur exceptionnelle de -3,2 °C, soit 10 degrés en dessous de la normale quotidienne de cet indicateur thermique national*. Il s'agit donc bien de la journée la plus froide de l'hiver.

Graphe de l'indicateur quotidien de température moyenne en France métropolitaine du 1er décembre 2017 au 27 février 2018.
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Nuit la plus froide de l'hiver

Cette dernière nuit (du 27 au 28/02) de l'hiver météorologique a été la plus froide à l'échelle nationale avec des valeurs négatives quasiment partout, à l'exception de certaines localités du littoral de la Côte d'Azur et de la Corse.
On a constaté de fortes gelées (≤ -5 °C) sur 80 % du territoire y compris sur les régions côtières, et de très fortes gelées (≤ -10°C) du Grand Est à la Bourgogne-Franche-Comté, au Massif central et à Rhône-Alpes.

Carte des températures minimales observées en France mercredi 28 février 2018
Températures minimales observées en France mercredi 28 février 2018 - © Météo-France.
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Le vent d'est, aussi appelé « Moscou-Paris », a transporté le froid jusqu'à des régions où il est inhabituel comme le Finistère. Ainsi, la station de Landivisiau ouverte en 1966 a battu son record pour un mois de février avec -6,9 °C (contre -6,3 °C le 9 février 1991). Plus exceptionnel encore avec -3,2 °C, la station d'Ouessant (ouverte en 1995) a non seulement battu son record mensuel, mais aussi annuel, du 1er janvier 1997 (-2,5 °C).
Sur le reste du pays, les températures étaient également remarquablement basses avec des valeurs 8 à 12 degrés sous les normales saisonnières** :

  • -17,8 °C à Mourmelon-le-Grand dans la Marne (record pour la période battant les -15,7 °C du 1er mars 2015 mais la station ne dispose de données que depuis 2004).
  • -15,1 °C à Épinal
  • -13,9 °C à Saint-Étienne
  • -13,4 °C à Nancy
  • -12,9 °C à Nevers
  • -10,0 °C à Lyon
  • -9,2 °C à Rouen
  • -7,0 °C à Paris-Montsouris (il faut remonter à février 2012 pour avoir une nuit plus froide dans la capitale et à mars 1971 pour avoir une nuit plus froide à cette époque de l'année).
  • -6,7 °C à Nîmes

 
* L'indicateur thermique national est constitué de la moyenne de la température saisonnière de 30 stations métropolitaines représentatives.
** Normales calculées sur la période 1981-2010

(Météo France)