Mars 2018 agité

Durant ce mois de mars particulièrement maussade, l'hiver a joué les prolongations avec de fréquents passages perturbés et des épisodes de neige tardifs.

Après un épisode neigeux dans une ambiance très fraîche les 28 février et 1er mars, la France a connu un net radoucissement durant la première quinzaine de mars avec un pic de douceur généralisé les 10 et 11. Puis le mercure a brutalement chuté et le pays a retrouvé des températures hivernales à partir du 17, accompagnées de chutes de neige en plaine sur une large moitié nord du 17 au 20 mars.

Les températures ont été contrastées au fil du mois, mais en moyenne, elles ont été proches des normales, un peu plus fraîches toutefois le long des frontières du Nord et du Nord-Est ainsi que sur les massifs pyrénéens et alpins. La température, en moyenne de 8,2 °C sur le mois et sur le pays, a été inférieure à la normale* de 0,5 °C. Ce mois de mars a été plus froid que janvier, qui avait bénéficié d'une douceur exceptionnelle avec 8,4 °C en moyenne sur le pays.

Évolution des températures minimales et maximales quotidiennes en France par rapport à la normale quotidienne

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Tout au long du mois, les précipitations ont été très fréquentes et abondantes sur la majeure partie du pays. Sur les régions méditerranéennes, la pluviométrie a été 2 à 4 fois supérieure à la normale*, voire localement plus de 5 fois sur les Cévennes. Ce mois-ci est l'un des mois de mars les plus arrosés sur la période 1959-2018, notamment en Provence - Alpes - Côte d'Azur ainsi qu'en Corse, où il se classe au second rang derrière mars 2013. Seuls les Ardennes, le nord de la Lorraine et l'Alsace sont restés déficitaires de 10 à 30 %. En moyenne sur le pays, la pluviométrie a été excédentaire de plus de 60 %.

L'ensoleillement a été déficitaire** sur l'ensemble de la France.
Le déficit a dépassé 20 % sur la majeure partie de l'Hexagone, voire localement 40 % sur le Nord-Ouest. La France avait connu un mois de mars aussi peu ensoleillé en 2013, 2008 et 2001. À Caen (Calvados) et à Montélimar (Drôme), des records ont même été enregistrés avec respectivement 77 heures et 129 heures de soleil.

* moyenne de référence 1981-2010
** moyenne de référence 1991-2010

Écart à la moyenne mensuelle de référence 1981-2010 de la température moyenne - FranceRapport à la moyenne mensuelle de référence 1991-2010 de la durée d'ensoleillement - France

Cumul mensuel des précipitations - FranceRapport à la moyenne mensuelle de référence 1981-2010 des cumuls de précipitations - France
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Faits marquants

Épisodes tardifs de neige en plaine

Le mois de mars a connu deux épisodes de neige en plaine tardifs pour la saison, associés à deux pics de froid.
Dans la continuité de fin février, un épisode neigeux exceptionnel en plaine a concerné le Languedoc du 28 février au 1er mars. On a relevé 10 à 15 cm à Nîmes (Gard), 30 cm à Montpellier (Hérault) et jusqu'à 35 cm au nord de l'agglomération montpelliéraine. Ces abondantes chutes de neige, associées aux températures souvent négatives, ont perturbé le trafic routier et aérien dans le Languedoc jusqu'au 2 mars.

Hauteur maximale de neige totale au sol en Occitanie le 1er mars 2018
Hauteur maximale de neige totale au sol en Occitanie le 1er mars 2018 - © Météo-France
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En milieu de mois, une grande partie du pays a connu des températures glaciales accompagnées d'un nouvel épisode neigeux en plaine du 17 au 19 mars. On a relevé 3 à 5 cm en général en région parisienne et jusqu'à 28 cm en forêt de Montmorency (Val d'Oise), 2 à 5 cm sur le quart nord-ouest du pays et jusqu'à 10 cm notamment en Normandie et Bretagne. Plus au sud, en Nouvelle-Aquitaine, des chutes de neige rares en cette saison ont donné 3 à 5 cm en Charente-Maritime, y compris en bord de mer.

Chutes de neige observées le 19 mars 2018 en France métropolitaine
Chutes de neige observées le 19 mars 2018 en France métropolitaine - © Météo-France
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Un mois de mars remarquablement maussade et arrosé

Le mois de mars 2018 a été marqué par un défilé quasi continu de perturbations actives. La pluviométrie a ainsi été excédentaire de plus de 60 % avec un nombre de jours de pluie significative souvent supérieur à 15 jours, soit près du double de la normale.

On a relevé :

  • 20 jours de pluie à Bordeaux (normale 11 jours)
  • 21 jours à Dijon (normale 14 jours)
  • 24 jours à Alençon (normale 10 jours)
  • 25 jours à Bergerac (normale 10 jours)

Le soleil a été très timide pour la saison sur l'ensemble de la France, avec moins de 5 jours ensoleillés. Seul le quart sud-est a bénéficié d'un ensoleillement un peu plus généreux mais déficitaire.

Nombre de jours de pluie (quantité supérieure ou égale à 1 mm) en mars 2018 en France métropolitaine
Nombre de jours de pluie (quantité supérieure ou égale à 1 mm) en mars 2018 en France métropolitaine - © Météo-France 
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Une configuration météorologique peu fréquente

La configuration météorologique responsable de ces intempéries s'est mise en place au moment de la vague de froid tardive de fin février. Le jet stream qui dirige les perturbations atlantiques circulant sur le continent européen s'est incurvé vers le sud alors que le nord de l'Europe passait sous l'influence d'un anticyclone canalisant l'air froid de Russie (le « Moscou-Paris »). Cette configuration peut se caractériser par la variation de l'indice NAO (comme « North Atlantic Oscillation » ou oscillation nord atlantique) basé sur la différence de pression entre Lisbonne et Reykjavik. Quand l'indice est positif, le flux d'ouest océanique est vigoureux et les perturbations actives circulent préférentiellement sur le nord de l'Europe. Quand l'indice est négatif comme ce fut souvent le cas en mars 2018, les perturbations atlantiques circulent davantage vers le sud du continent (péninsule ibérique, Méditerranée) favorisant ainsi les infiltrations d'air plus froid sur la partie nord.

 

(Météo France)