Point sur la situation Hydrologique en France et en Lorraine au 01er Juillet 2018

 

> En France

Au cours de ce mois de juin, les précipitations ont été contrastées : très excédentaires sur l’ouest du pays et la Corse-du-Sud avec des cumuls dépassant une fois et demie à localement quatre fois la normale, mais nettement déficitaires du département de la Manche au Nord et au Pas-de-Calais. La première quinzaine du mois a été marquée par des passages pluvio-orageux très actifs, souvent accompagnés de grêle, la seconde quinzaine par une période souvent sèche. En moyenne sur le pays et sur le mois, la pluviométrie est proche de la normale.
Les pluies de ce mois de juin ont ainsi favorisé une nette humidification des sols superficiels sur l’est de la Bretagne, les Pays de la Loire, la Charente-Maritime et au sud de la Garonne. Les températures douces pour la saison ont favorisé un très net assèchement de la SeineMaritime au Nord et au Pas-de-Calais
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* : normales concernant température et précipitations : moyenne de référence 1981-2010

 

> En Lorraine

Précipitations:

La pluviométrie du mois de juin accuse un déficit de l’ordre de 20% sur le bassin Rhin Meuse. La pluviométrie du mois de juin accuse un déficit de 10% sur le bassin Seine Normandie. Le bilan par rapport à la normale est en moyenne déficitaire pour la Lorraine. Le cumul des pluies efficaces, pour la Lorraine, est globalement négatif à l’exception d’une zone positive, entre 0 mm et +25 mm,au nord-ouest de la Meuse.
Sur le reste de la région, il est compris entre 0 mm et -50 mm et atteint - 75 mm sur une bande nord-sud s’étalant du sud-est de la Moselle au sud-est de la Meurthe-et-Moselle. Le cumul de pluies efficaces de septembre 2017 à juin 2018 pour la Lorraine est compris entre 300 mm et 1250 mm pour le relief voire très localement 1500 mm. L’indice d’humidité des sols au 01/07/2018 est compris entre 0.30 et 0.60 pour la Lorraine (entre 0.40 et 0.60 pour la Meuse et les Vosges voire 0.65 au plus haut du relief, et entre 0.30 et 0.50 pour la Moselle et la Meuthe-et-Moselle). Cela génère un écart pondéré à la normale très hétérogène de -30% à +10% (nord de la Moselle et centre de la Meuse)
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Légende: Cumul de précipitation et indice d'humidité des sols (Carte: Météo France).

 

Côté hydrologique:

Sur le bassin de la Sarre les débits moyens sont en hausse et excédentaires sur tout le linéaire en dehors de l’Eichel à Oermingen accusant un léger déficit d’environ 20%. Le débit minimal enregistré pendant 3 jours consécutifs correspond à des périodes de retour comprises entre 5-10 ans humide sur l’amont (Sarrebourg) et 3 ans sec pour Oermingen sur l’Eichel.

Sur le bassin Meuse/Moselle, les débits moyens du mois de juin 2018 sont proches des normales saisonnières, voire même excédentaires sur la Meuse aval. Cette situation ne doit toutefois pas masquer le fait que cette moyenne statistique mensuelle est obtenue grâce aux débits importants de début juin suite aux nombreux et importants orages de cette période.
L’étiage s’installe. Les valeurs des débits sont en régression constante depuis plusieurs semaines. Sur le bassin versant de la Moselle, toutes les stations sont en étiage. 

Sur le bassin versant de la Meuse, seules les stations amont et médianes sont actuellement en étiage. Compte tenu des temps de transfert très longs sur cette rivière, le tronçon Meuse aval connaît encore une hydraulicité supérieure à la moyenne.

Sur les cours d’eau du bassin Seine Normandie, les débits du mois de juin sont majoritairement en baisse. Cependant, le débit mensuel moyen est supérieur à la moyenne interannuelle des débits. Les dates d’observation des VCN3 sont situées en fin du mois de juin.

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> En Meuse (au 23 Mai 2018): 5 rivières indiquent un écoulement visible faible. Le reste (25) des rivières la situation est normal mais les niveaux sont en baisse.

> En Meurthe et Mosselle (au 25 Mai 2018): 38 rivières, la situation est normal mais les niveaux sont en baisse.

> En Moselle (au 26 Mai 2018): Une rivière assec. Le reste (39) des rivières la situation est normal mais les niveaux sont en baisse.

> Dans les Vosges (au 25 Mai 2018): 31 rivières, la situation est normal mais les niveaux sont en baisse.


 
Remplissage des lacs-réservoirs de la région Lorraine:

Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, l’état de remplissage des différents ouvrages reste encore conséquent, mais avec une tendance à la baisse.
Le niveau de remplissage global est de l’ordre de 93% pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, de l’ordre de 95% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 82% pour les retenues destinées à la navigation
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Nappes Souterraines:

Les niveaux moyens des nappes du mois de juin sont globalement conformes aux normales avec une tendance à la baisse, ce qui est classique à cette période de l’année.

Les niveaux des nappes des bassins de la Meuse, de la Moselle et de la Sarre sont toujours à la baisse, caractéristique d’une situation de vidange des nappes, habituelle pour cette période de l’année. Cette vidange est plus ou moins marquée suivant les secteurs géographiques. Les moyennes mensuelles du niveau des nappes du mois de juin restent à des valeurs proches de la moyenne ou modérément hautes, à l’exception de quelques piézomètres où le niveau est modérément bas (Nubécourt, Gelacourt, Essegney) ou très bas (Relanges).

Dans l'ouest Meuse, la situation des nappes du bassin Seine-Normandie est globalement similaire aux tendances observées au mois de mai, c’est-à-dire une situation de vidange généralisée des nappes, avec un évènement de recharge bien marqué sur la première quinzaine du mois de juin (entre le 06 et le 11 juin) sans toutefois inverser la tendance globalement de tarissement des niveaux d’eau.
La situation hydrogéologique des nappes reste proche de la normale sur l’ensemble des masses d’eau surveillées voire légèrement supérieure notamment en comparaison de l’année 2017.

 

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Ailleurs en France:

Plus de la moitié des nappes (58%) affichent un niveau modérément haut à très haut et un cinquième d’entre elles (20%) affichent un niveau modérément bas à très bas. La part restante (22%) se situe dans la moyenne. Cette situation confirme l’incidence notable de pluies qui se sont prolongées tard au printemps. A l’exception de quelques secteurs, on note que les niveaux de nappes se situent globalement au-dessus des niveaux généralement observés en ce début d’été

La tendance d'évolution du niveau des nappes traduit le passage progressif vers les plus basses eaux avec cependant encore un quart (24%) des points orientés à la hausse, ce qui est assez exceptionnel pour ce début de période estivale. Le nombre de points dont la tendance d’évolution est orientée à la baisse de niveau a un peu diminué au 1er juillet à 56% (pour 61% au 1er juin). Cette situation représente la période estivale des basses eaux. Les pluies de juin ont principalement bénéficié à la végétation, elles ont également soutenu la hausse des niveaux sur certains secteurs.

La situation des nappes au 1er juillet 2018 traduit le passage progressif vers la période des basses eaux, habituel en cette période estivale qui débute.

 

Côté Sécheresse:

Au 01er Juillet 2018: /.

Au 01er Juin 2018 en Lorraine: RAS. Situation Normal.

> /.
 

 

Analyse (au 01er Juin 2018) pour la Lorraine:

Au 1er juin 2018, la situation Hydrologique est normale sur la Lorraine. Le risque de sécheresse est jugé faible voire nul pour le début de l'été. Hormis quelques épisodes orageux, le temps s'annonce assez sec dans les prochaines semaines. Pour le moment aucune inquiétude à avoir sur la situation hydrologique malgré une baisse du niveau des cours d'eau et des nappes phréatiques qui devraient s'accentuer mais c'est une situation parfaitement normale pour le moment.

Prochaine analyse début août. 


La situation est à suivre pour les prochaines semaines. Prochain point vers la mi août.

 

 

*On distingue plusieurs types de sécheresses :

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite « agricole », se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces « différentes » sécheresses peuvent intervenir à divers moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

(Avec Météo France, BRGM, Eau France et Dreal Grand Est)