Point sur la situation Hydrologique en France et en Lorraine au 01er Novembre 2018

 

> En France

Novembre 2018: Les précipitations, très contrastées, ont été peu fréquentes et peu abondantes hormis sur les régions méridionales. Le déficit pluviométrique a souvent dépassé 50 % sur la moitié nord du pays, voire localement 80 % sur le Nord-Est. En revanche, les régions Occitanie, Provence – Alpes – Côte d’Azur et Corse ont été touchées par des épisodes pluvio-orageux intenses avec des pluies localement diluviennes dans l’Aude, le Var et en Corse provoquant des crues rapides et des inondations dévastatrices. Sur ces régions, l’excédent a atteint 1,5 à 4 fois la normale. En moyenne sur la France et sur le mois, la pluviométrie a été déficitaire de plus de 10 %.
La sécheresse qui touche un grand quart nord-est de la France présente un caractère exceptionnel. 

 

* : normales concernant température et précipitations : moyenne de référence 1981-2010

 

> En Lorraine

Précipitations:

Sur le bassin Rhin-Meuse, le déficitif pluviométrique marqué (de l’ordre de 70% pour l’Alsace et 80% pour la Lorraine) qui s’est encore prolongé en octobre, impacte toujours fortement les écoulements dans tous les cours d’eau. Au mois d’octobre, la pluviométrie accuse encore un déficit global compris entre 50 et 75 % en moyenne sur le bassin Seine Normandie. Le rapport à la normale des précipitations du mois d’octobre est très inférieur à la normale en Haute-Marne. On se rapproche de la normale en allant vers le nord des Ardennes.

Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 17.3 mm soit un déficit global de 82%.
Les cumuls sont compris entre 10 mm et 30 mm voire 50 mm à l’extrême nord de la Meurthe-et-Moselle.

Le bilan par rapport à la normale est :
Déficitaire pour les quatre départements et le déficit est globalement compris entre 75% et 100% voire localement moins marqué, entre 50% et 75% dans le nord-ouest de la Meuse, l’extrême nord de la Meurthe-et-Moselle et sur deux zones en Moselle, à l’ouest et au sud-est.

L’indice d’humidité des sols au 01/11/2018 est compris entre 0.10 (Meurthe-et-Moselle et Bas-Rhin) et 0.35, voire 0.45 (relief vosgien) et 0.50 (extrême nord des Ardennes).
Cela génère un écart pondéré à la normale négatif et compris globalement entre -80% et -50%.
Mais cet écart est moins accentué sur l’Aube qui présente localement un écart à -40% ainsi qu’à l’extrême nord des Ardennes où s’affiche -30%
.

 

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Légende: Cumul de précipitation et indice d'humidité des sols (Carte: Météo France).

 

Côté hydrologique:

Sur les bassins Meuse-Moselle, Les débits des cours d’eau restent encore à un niveau très bas pour la période et ils sont globalement inférieurs au débit médian d’un mois d’octobre. En conséquence, les débits moyens mensuels et les VCN3 d’octobre restent globalement orientés à la baisse par rapport au mois précédent et l’écart aux normales de saison s’accentue.

 

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> En Meuse (au 22 Octobre 2018):  15 rivières indiquent un écoulement visible faible. 3 rivières indiquent un écoulement non visible. 8 rivières Assec. Le reste (4) des rivières la situation est normal mais les niveaux sont en baisse.

> En Meurthe et Mosselle (au 25 Octobre 2018): 16 rivières indiquent un écoulement visible faible. 5 rivières indiquent un écoulement non visible. 16 rivières Assec. Le reste (01) des rivières la situation est normal mais les niveaux sont en baisse. (A noter: Absence de donnée pour 38 rivières)

> En Moselle (au 25 Octobre 2018): 10 rivières indiquent un écoulement visible faible. 01 rivière indique un écoulement non visible. 7 rivières Assec. Le reste (22) des rivières la situation est normal mais les niveaux sont en baisse(A noter: Absence de donnée pour 40 rivières)

> Dans les Vosges (au 25 Septembre 2018): 1 rivière indique un écoulement non visible. 7 rivières indiquent un écoulement visible faible. 2 rivières Assec. Le reste (21) des rivières la situation est normal mais les niveaux sont en baisse.


 
Remplissage des lacs-réservoirs de la région Lorraine:

Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, la tendance à la baisse constatée le mois dernier se poursuit.
Le niveau de remplissage global est de l’ordre de 24% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 29% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 82% et la retenue de Michelbach de 17%.

 

Nappes Souterraines:

Les niveaux des nappes du mois d’octobre montrent toujours une tendance générale à la baisse, en continuité des mois précédents. Les niveaux moyens mensuels de plusieurs nappes ont atteint leurs niveaux de basses eaux ; pour la moitié des piézomètres, les niveaux moyens mensuels atteints sont des niveaux bas à très bas. La période de recharge hivernale n’a pas encore commencé.

Pour les nappes en Lorraine, avec un mois d’octobre encore déficitaire en précipitations, la situation observée le mois précédent se poursuit, à savoir une prolongation de la période de basses eaux que l’on retrouve en période de fin d’étiage. Majoritairement, les niveaux des nappes de Lorraine ont une tendance à la légère baisse et atteignent des niveaux modérément bas, voire bas à très bas (piézomètres de Villers-en-Haye, Gelacourt, Les Roises, Cousances-les-Triconville, Gerardmer, Xonrupt).

Dans l'ouest Meuse, La situation des nappes en Champagne-Ardenne pour le mois d’octobre est dans la continuité des tendances observées au mois de septembre à savoir une situation de vidange généralisée des nappes.

 

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Ailleurs en France:

Le niveau des nappes au 1er Octobre 2018 est hétérogène d’une région à l’autre.

Un tiers des nappes (33%) affichent un niveau modérément haut à très haut mais près de la moitié (45%) affiche un niveau modérément bas à très bas. Le cinquième restant (22%) se situe dans la moyenne. Cette situation n’est pas très anormale pour cette époque de début d’automne mais elle traduit tout de même une période de basses eaux qui se prolonge un peu, en l’absence de précipitations en septembre. La période de recharge hivernale n’est, pour l’instant, pas encore active

La tendance d'évolution du niveau des nappes traduit encore, ce mois-ci, la période des basses eaux avec, toujours seulement 11% des points encore stables. La situation a très peu évolué par rapport au mois dernier. Le nombre de points en hausse (8%) reste faible. Le nombre de points dont la tendance d’évolution est orientée à la hausse ou à la baisse (81%) est resté stable sur le mois de septembre. Cette situation traduit une période de recharge qui n’est pas encore réellement amorcée.

La situation des nappes au 1er octobre 2018 traduit la poursuite de la période de basses eaux et une reprise de la recharge hivernale qui se fait attendre. Cette situation, liée au déficit pluviométrique de septembre, n’est pas très habituelle pour cette époque de l’année, généralement plus arrosée.

 

Côté Sécheresse:

Au 01er Novembre 2018: 60 départements en France ont pris au moins une restriction d'usages de l'eau sur leur territoire.

Au 01er Novembre 2018 en Lorraine: L'ensemble des départements de la région Lorraine ont pris au moins une restriction d'usages de l'eau sur leur territoire. Niveau orange sur l'ensemble de la région.

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Analyse (au 01er Octobre 2018) pour la Lorraine:

Au En cours de rédaction.


La situation est à suivre pour les prochaines semaines. Prochain point vers la mi Décembre.

 

 

*On distingue plusieurs types de sécheresses :

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite « agricole », se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces « différentes » sécheresses peuvent intervenir à divers moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

(Avec Météo France, BRGM, Eau France et Dreal Grand Est)