Gaz à effet de serre : encore des records de concentrations en 2017

Jeudi 22 novembre 2018, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre. Celui-ci fait à nouveau état d'une hausse des concentrations atmosphériques de CO2 entre 2016 et 2017. Les causes principales sont encore les activités humaines.

Evolution de la concentration en CO2 atmosphérique entre 1985 et 2017

 

 

(d'après le Bulletin de l'OMM n°14 sur les gaz à effet de serre, le 22 novembre 2018)

 

Des concentrations records

En 2017, la concentration de CO2 dans l'atmosphère a représenté 1,46 fois ce qu'elle était à l'époque pré-industrielle.  La teneur annuelle moyenne à l'échelle du globe a été de 405,5 ppm*. Le seuil symbolique des 400,00 ppm avait été atteint en moyenne annuelle, et à l'échelle du globe  en 2015. Le taux d'augmentation du CO2 atmosphérique sur les 10 dernières années reste constant (en 2016, la teneur en CO2 était de 403,3 ppm) et est environ 100 fois plus élevé qu'à la fin de la dernière période glaciaire. Durant les derniers 800 000 ans jusqu'à l'ère pré-industrielle, la concentration de CO2 n'avait pas dépassé les 280 ppm*.
 
La concentration en méthane, deuxième plus important gaz à effet de serre, a également atteint un nouveau pic en 2017, avec environ 1859 ppb**, soit près de 2,6 fois le niveau préindustriel. 
 
La concentration en protoxyde d'azote a atteint quant à elle 329,9 ppb, soit 1,22 fois son niveau d'avant 1750.
 
Une autre nouveauté inquiétante : le CFC-11, puissant gaz à effet de serre dont la production est régie par un accord international visant à protéger la couche d'ozone, a vu son taux de décroissance diminuer depuis 2012 pour atteindre deux tiers de celui des 10 dernières années.

Des conséquences sur le climat mondial 

Depuis 1990, le forçage radiatif, qui a pour effet de réchauffer le climat, a augmenté de 41 %. Le dioxyde de carbone est, à lui seul, responsable de 82 % de la progression constatée.

La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années : la température était alors  de 2 à 3 degrés plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel.

Dans le Rapport spécial sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C élaboré par le GIEC et publié début octobre, les experts indiquent que les émissions nettes de CO2 devront êtres nulles aux alentours de 2050 si l'on veut maintenir la hausse de la température en dessous de 1,5 °C. La tendance soutenue à la hausse des concentrations de gaz à effet de serre montre comment il semble difficile de tenir cet engagement. Le bulletin met l'accent sur le caractère urgent à réduire ces émissions.


*ppm : partie par million         
**ppb : partie par milliard

(Météo France)