Climat Monde : 2018, encore une année parmi les plus chaudes jamais observées

Jeudi 29 novembre, à quasiment un mois de la fin d'une année 2018 encore marquée par de nombreux phénomènes climatiques extrêmes, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié sa déclaration annuelle provisoire sur l'état du climat mondial. 

L'OMM indique que la tendance au réchauffement sur le long terme s'est poursuivie cette année. La température moyenne à la surface du globe devrait faire de 2018 la 4e année la plus chaude depuis le début des mesures, après 2016, 2015 et 2017, soit ces 4 dernières années. En outre, les 20 années les plus chaudes jamais enregistrées se situent toutes parmi les 22 dernières années.

Anomalie de température de l'air à la surface du globe sur la période janvier - octobre 2018

Hausse de la température et des gaz à effet de serre au niveau mondial

De janvier à octobre 2018, la température moyenne à la surface du globe a été supérieure de quasiment 1 °C aux valeurs de l'époque préindustrielle (1850-1900). Ces résultats ont été obtenus à partir de cinq jeux mondiaux de données de température tenus à jour indépendamment les uns des autres.

D'après le Secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas, « les objectifs fixés dans le contexte du changement climatique (endiguer la hausse de la température à +1,5 °C) ne sont pas en voie d'être atteints. Avec les concentrations de gaz à effet de serre qui ont encore une fois atteint des niveaux records, et si la tendance se poursuit, la température risque d'augmenter de 3 à 5 °C d'ici à la fin du siècle. Nous sommes la première génération à bien comprendre les changements climatiques et la dernière à pouvoir en contrer les conséquences ».

La température n'est pas le seul paramètre à varier sous les effets des changements climatiques. Sécheresses et inondations, tempêtes et cyclones tropicaux ont touché de nombreuses parties du globe cette année. Le niveau moyen de la mer de janvier à juillet 2018 était par exemple supérieur d'environ 2 à 3 mm par rapport à ce qu'il était durant la même période en 2017. L'étendue de la banquise arctique a été bien inférieure à la normale depuis le début de l'année, affichant des records à la baisse en janvier et février. Le maximum annuel, observé à la mi-mars, figure au troisième rang des plus faibles jamais enregistrés. Quant au minimum saisonnier de septembre, il se place au sixième rang des plus faibles jamais constatés, et les 12 minimums saisonniers les plus faibles coïncident avec ceux des 12 dernières années. Les concentrations en gaz à effet de serre ont atteint de nouveaux pics en 2017 et ont continué d'augmenter cette année.

Pour en savoir plus sur l'état du climat mondial en 2018, consulter l'intégralité de la déclaration de l'OMM (en anglais).

Une année particulièrement chaude sur l'Hexagone

En France métropolitaine, 2018 pourrait être l'année la plus chaude. Sur les 11 premiers mois la température moyenne a dépassé de plus de 1,2 °C la normale de référence calculée sur 1981-2010. Les régions du nord et de l'est du pays ont connu un déficit de précipitations important (entre 10 et 30 %) occasionnant la sécheresse cet été et cet automne. À l'opposé, sur le pourtour méditerranéen un fort excédent pluviométrique (jusqu'à 70%) a provoqué de graves inondations. 

(Avec Météo France)