dimanche 23 décembre 2018

Info/Météo: Point sur la situation Hydrologique en France et en Lorraine au 01er Décembre 2018

 

Point sur la situation Hydrologique en France et en Lorraine au 01er Décembre 2018

 

> En France

Novembre 2018: Les précipitations, très contrastées, ont été déficitaires de 20 à 60 % du Sud-Ouest au NordEst ainsi que le long des côtes de la Manche et sur les Alpes du Nord. Elles ont en revanche été excédentaires dans le Nord-Ouest et le Sud-Est. Les cumuls mensuels ont localement dépassé deux fois la normale en région PACA et en Languedoc. En moyenne sur la France et sur le mois, la pluviométrie a été légèrement déficitaire .
La sécheresse a débuté en juillet sur le flanc est du pays puis s’est étendue à un large quart nord-est en se renforçant au fil des mois. Pour cette période de l’année, la sécheresse présente d’ores et déjà un caractère très exceptionnel sur les régions Grand-Est, Bourgogne-FrancheComté et Auvergne-Rhône-Alpes. 

 

* : normales concernant température et précipitations : moyenne de référence 1981-2010

 

> En Lorraine

Précipitations:

Sur le bassin Rhin-Meuse, le déficit pluviométrique marqué (de l’ordre de 60% pour l’Alsace et 40% pour la Lorraine) qui s’est encore prolongé en novembre continue à impacter très fortement la situation hydrologique générale. Au mois de novembre, la pluviométrie est proche de la normale sur les départements de l’Aube et de la Marne. Les Ardennes et la Haute-Marne sont en grande partie déficitaires. Pour ces 2 départements, seule une bande à l’est des Ardennes est proche de la normale.

- Le cumul mensuel de précipitations agrégées pour la Lorraine est de 54.3 mm soit un déficit global de 39%. Les cumuls sont compris entre 30 mm et 75 mm voire 100 mm au nord-ouest de la Meuse.

- Le bilan par rapport à la normale est :

* pour la Moselle, le déficit s’étage de 10% sur la moitié ouest à 75% sur l’extrême sud-est

* en Meurthe-et-Moselle, le bilan déficitaire est compris entre 10% et 25% sur la moitié nord et entre 25% et 50% sur la moitié sud voire 75% à l’extrême sud-est

* pour la Meuse, le déficit, majoritairement compris entre 25% et 50% voire localement 75%, ne dépasse pas 25% au nord-ouest du département

* dans le département des Vosges, le déficit passe, de 25% à 50% sur la moitié ouest, à 50% et 75% sur l’Est du département.

 

- Pluviométrie de septembre à novembre 2018

Pour cette période, le bilan est déficitaire sur tout le Grand Est :

* pour la Lorraine : compris entre 50% et 75% à l’exception d’une bande à l’extrême ouest de la Moselle et du nord-ouest de la Meuse où il est moins accentué, de 25% à 50%

L’indice d’humidité des sols au 01/12/2018 est compris entre 0.20 (Bas-Rhin) et 0.55 (Meuse, Haute-Marne et sud de l’Aube), voire 0.65 (relief vosgien et nord des Ardennes).
Cela génère un écart pondéré à la normale négatif et compris globalement entre -70% et -30%, sur la Lorraine et l’Alsace, mais moins accentué sur la Champagne-Ardenne, de -50% à -20%.

 

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Légende: Cumul de précipitation et indice d'humidité des sols (Carte: Météo France).

 

Côté hydrologique:

En cette période normalement très humide, le manque de précipitations accentue encore un peu plus l’écart aux valeurs de saison, tant pour les débits minimaux que pour l’hydraulicité mensuelle qui affiche des écoulements représentant globalement moins de 20% de la normale pour un mois de novembreLes débits des cours d’eau restent encore à un niveau très bas pour la période et ils sont globalement inférieurs au débit médian d’un mois de novembre.

 

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> En Meuse (au 23 Novembre 2018):  08 rivières indiquent un écoulement visible faible. 03 rivières indiquent un écoulement non visible. 04 rivières Assec. Le reste (15) des rivières la situation est normal.

> En Meurthe et Mosselle (au 26 Novembre 2018): 21 rivières indiquent un écoulement visible faible. 08 rivières indiquent un écoulement non visible. 07 rivières Assec. Le reste (02) des rivières la situation est normal mais les niveaux sont en baisse. 

> En Moselle (au 25 Octobre 2018): 10 rivières indiquent un écoulement visible faible. 01 rivière indique un écoulement non visible. 7 rivières Assec. Le reste (22) des rivières la situation est normal mais les niveaux sont en baisse(A noter: Absence de donnée pour 40 rivières)

> Dans les Vosges (au 25 Septembre 2018): 1 rivière indique un écoulement non visible. 7 rivières indiquent un écoulement visible faible. 2 rivières Assec. Le reste (21) des rivières la situation est normal mais les niveaux sont en baisse.


 
Remplissage des lacs-réservoirs de la région Lorraine:

Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, la tendance à la baisse constatée le mois dernier se poursuit, cependant il est constaté la remontée du niveau de certains ouvrages (Mouche et Bouzey), en réaction aux pluies tombées pendant le mois de novembre.
Le niveau de remplissage global est de l’ordre de 15% pour les retenues destinées au soutien de l’étiage et de l’ordre de 25% pour les retenues destinées à la navigation. Pour les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine affiche un taux de remplissage de 81% et la retenue de Michelbach de 11%.
Pour rappel, pour répondre à la double mission de soutien des étiages et de lutte contre les crues, les lacs-réservoirs Marne, Seine et Aube sont en théorie remplis du 1er novembre au 30 juin puis vidangés du 1er juillet au 31 octobre, la vidange pouvant être prolongée en cas d’étiage sévère jusqu’à début décembre. Fin septembre, les taux de remplissage des trois lacs sont proches de leur objectif de gestion.

 

Nappes Souterraines:

L’état du niveau des nappes est comparable à celle des mois précédents, à savoir une situation de basses eaux. Certaines nappes parmi les plus réactives ont vu leurs niveaux réagir aux pluies tombées en fin de mois, signe de l’amorce de la recharge. Cependant les niveaux restent inférieurs aux normales d’un mois de novembre et atteignent des niveaux modérément bas, bas à très bas, ce qui s’explique par le fait que la période de recharge devrait être débutée depuis le mois dernier.

La situation météorologique déficitaire du mois de novembre a entrainé une prolongation de la période de basses eaux que l’on retrouve habituellement en fin d’étiage. Du fait de cette prolongation des basses eaux et alors que la période de recharge devrait être commencée, les niveaux des nappes s’éloignent des normales d’un mois de novembre et atteignent des niveaux modérément bas, bas à très bas (11 piézomètres sont à des niveaux très bas). Certains piézomètres parmi ceux qui sont les plus réactifs, réagissent aux pluies tombées en novembre et leur niveau moyen mensuel est en hausse, signe de l’amorçage de la recharge. Pour les autres, le niveau se stabilise ou reste à la baisse.

Dans l'ouest Meuse, la situation des nappes en Champagne-Ardenne est dans la continuité des tendances observées du mois d’octobre avec une poursuite de la décharge généralisée des niveaux de nappe vers des niveaux très bas sur les premières semaines du mois de novembre avec une tendance à la stabilisation. On constate néanmoins que la fin du mois de novembre marque clairement le début de la remontée des niveaux et d’une recharge des nappes.

 

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Ailleurs en France:

Le niveau des nappes au 1er Octobre 2018 est hétérogène d’une région à l’autre.

Un tiers des nappes (33%) affichent un niveau modérément haut à très haut mais près de la moitié (45%) affiche un niveau modérément bas à très bas. Le cinquième restant (22%) se situe dans la moyenne. Cette situation n’est pas très anormale pour cette époque de début d’automne mais elle traduit tout de même une période de basses eaux qui se prolonge un peu, en l’absence de précipitations en septembre. La période de recharge hivernale n’est, pour l’instant, pas encore active

La tendance d'évolution du niveau des nappes traduit encore, ce mois-ci, la période des basses eaux avec, toujours seulement 11% des points encore stables. La situation a très peu évolué par rapport au mois dernier. Le nombre de points en hausse (8%) reste faible. Le nombre de points dont la tendance d’évolution est orientée à la hausse ou à la baisse (81%) est resté stable sur le mois de septembre. Cette situation traduit une période de recharge qui n’est pas encore réellement amorcée.

La situation des nappes au 1er octobre 2018 traduit la poursuite de la période de basses eaux et une reprise de la recharge hivernale qui se fait attendre. Cette situation, liée au déficit pluviométrique de septembre, n’est pas très habituelle pour cette époque de l’année, généralement plus arrosée.

 

Côté Sécheresse:

Au 01er Décembre 2018: 10 départements en France ont pris au moins une restriction d'usages de l'eau sur leur territoire.

Au 01er Décembre 2018 en Lorraine: Seul la Meuse est en restriction de niveau orange.

> /.
 

 

Analyse (au 23 Décembre 2018) pour la Lorraine:

Les derniers mois voire quasiment une bonne partie de l'année a été marquée par un déficit pluviométrique parfois très important voire même inhabituel.
Un déficit qui s'est renforcé et a duré dans le temps au moins jusqu'à début décembre avec des conséquences de sécheresse importantes.
Des restrictions d'eau de niveau orange rarement prolongé depuis que ce dispositif existe jusqu'au 01er décembre d'une année sur certain département.
La situation de recharges des nappes débute seulement en ce moment mais l'hiver sera déterminant si une situation similaire voire pire se reproduit l'année prochaine.
Cette situation nous interroge sur l'économie d'eau et sur le futur plus moins proche du risque de pénurie d'eau.
Au 23 décembre, les précipitations du mois ont permis de retrouver une certaine stabilité et retour à la normale concernant les eaux superficielles.  Cela prendra un peu plus de temps pour les nappes souterraines.


Prochain point vers la mi Janvier.

 

 

*On distingue plusieurs types de sécheresses :

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite « agricole », se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces « différentes » sécheresses peuvent intervenir à divers moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

(Avec Météo France, BRGM, Eau France et Dreal Grand Est)

 

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