Point de Suivi d'Etiage en Lorraine au 04 Juin 2019

 

> En Lorraine

En ce qui concerne les eaux souterraines, la troisième décade du mois de mai est déficitaire en pluies sur l'ensemble de la région Grand Est. La période de décharge des nappes est maintenant bien installée et les niveaux moyens mensuels des piézomètres sont majoritairement à la baisse. Certaines nappes ayant une forte inertie (nappe de la craie) présentent une tendance à la stabilité, mais cette tendance ne devrait pas perdurer. Concernant les niveaux moyens mesurés, les deux tiers des piézomètres ont des niveaux inférieurs aux normales pour la période, mais la majorité est en bleu. Les nappes à forte inertie présentent encore des niveaux nettement inférieurs aux valeurs habituellement observées à cette période, avec des ouvrages en orange et en rouge. L'impact des deux années sèches et de la faible recharge de cet hiver risque de mettre plus de temps à s'atténuer sur ces nappes. Les niveaux moyens des ouvrages situés en bordure de la plaine d'Alsace (Habsheim, Hésingue, Wintzenheim) sont toujours nettement inférieurs aux normales, suite à la faiblesse des conditions hydriques du versant vosgien et surtout du Sundgau (Mooslargue).

Le contexte estival observé depuis quelques jours, ainsi que la forte activité végétative ont un impact significatif sur les écoulements dans les cours d'eau des bassins de la Meuse et de la Moselle. Bien que toutes les unités hydrologiques restent encore en bleu, la tendance générale est à la baisse, avec une dégradation des écoulements plus marquée sur les unités "Moselle amont et Meurthe" et "Moselle aval, Orne, Nied et Seille". Sur le territoire Rhin-Sarre les débits minimums sont observés en fin de semaine 22, suites à la survenue de fortes températures. Les débits sont tous à la baisse. L'ensemble des stations est encore en bleu à l'exception de la Zorn à Waltenheim qui a franchi le seuil gris. Sur le bassin Seine-Normandie en région Grand-Est, les écoulements des cours d'eau sont tous en baisse suite aux déficit de précipitations des dernières semaines. Cependant, toutes les unités hydrologiques restent en bleu.

Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, les niveaux de remplissage sont proches de leur maximum (autour de 88 % pour les ouvrages de soutien d'étiage et de 98 % pour les ouvrages utilisés pour l'alimentation en eau potable), sauf pour le réservoir de Vieux Pré qui affiche seulement 65% de remplissage.

 
 

 

*On distingue plusieurs types de sécheresses :

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite « agricole », se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces « différentes » sécheresses peuvent intervenir à divers moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

(Avec Météo France et Dreal Grand Est)