Point de Suivi d'Etiage en Lorraine au 02 Juillet 2019

 

> En Lorraine

En ce qui concerne les eaux souterraines, la période de décharge des nappes se poursuit pour toutes les nappes, y compris pour les nappes ayant une forte inertie comme les nappes de la craie. Les niveaux moyens mensuels des nappes sont ainsi à la baisse sur plus des trois quart des piézomètres. Concernant les niveaux moyens mesurés, près de 90% des piézomètres suivis ont des niveaux inférieurs aux normales pour la période, mais les deux tiers sont en bleu. Les nappes à forte inertie présentent des niveaux nettement inférieurs aux valeurs habituellement observées à cette période, avec des ouvrages en orange et en rouge. Ces niveaux sont le résultat des deux dernières années sèches et de la faible recharge de cet hiver. Les niveaux moyens des ouvrages situés en bordure de la plaine d'Alsace (Habsheim, Hésingue, Wintzenheim) sont toujours nettement inférieurs aux normales, en raison de la faiblesse des conditions hydriques du versant vosgien. Les unités hydrogéologiques "Craie de Champagne Nord" et "Craie de Champange Sud et centre" restent en gris.


Concernant les eaux de surface, le contexte très chaud et sec observé depuis deux semaines a maintenant un impact très sensible sur les débits des cours d'eau. Sur les bassins de la Meuse et de la Moselle les débits sont partout orientés à la baisse. Les unités hydrologiques "Meuse amont" et "Meuse aval et Chiers" passent en gris alors que l'étiage est plus installé sur les unités "Moselle amont et Meurthe" et "Moselle aval, Orne, Nied et Seille" qui passent directement en jaune. A noter que la réserve de Vieux Pré est sollicitée depuis le 28 juin pour soutenir le débit de la Meurthe et de la Moselle. Sur les bassins de la Sarre et du Rhin, on observe aussi une baisse rapide de l'ensemble des débits. L'unité hydrologique "Sarre" est en gris avec deux stations en jaune (Wittring et Oermingen). Sur le Bas-Rhin, les deux unités hydrologiques sont en gris avec 3 stations ayant passé le niveau jaune (le Seltzbach à Niederroedern, la Moder à Schweighouse et la Mossig à Soultz-les-Bains). Dans le Haut-Rhin, toutes les unités hydrologiques sont en bleu, exceptées les unités "Ill amont" en gris et "Doller aval" en jaune malgré le dispositif de soutien. Enfin, le Rhin n'est pour l'instant pas concerné par l'étiage. Sur le bassin Seine-Normandie en région Grand-Est, les écoulements des cours d'eau sont également majoritairement en baisse. L'unité hydrologique "Saulx et Ornain" reste encore dans un état normal alors que toutes les autres unités se dégradent. Les unités hydrologiques "Affluents crayeux Marne et Aisne Aval", "Affluents crayeux Aube et Seine" et "Brie et Tardenois" passent en jaune.

Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, les niveaux de remplissage sont proches de leur maximum (autour de 87 % pour les ouvrages de soutien d'étiage et de 94 % pour les ouvrages utilisés pour l'alimentation en eau potable), à l'exception des réservoirs de Vieux Pré et Kruth qui affichent 64% et 61% de remplissage.

 
 

 

*On distingue plusieurs types de sécheresses :

- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite « agricole », se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces « différentes » sécheresses peuvent intervenir à divers moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.

 

(Avec Météo France et Dreal Grand Est)