Seuils critiques atteints : la sécheresse arrive

 

La direction régionale de l’Environnement surveille le niveau des cours d’eau et particulièrement la Moselle . A Metz, les marques de la rivière sur les piles du pont des Morts montrent la baisse du niveau de l’eau. Photo Marc WIRTZ

La direction régionale de l’Environnement surveille le niveau des cours d’eau et particulièrement la Moselle . A Metz, les marques de la rivière sur les piles du pont des Morts montrent la baisse du niveau de l’eau. Photo Marc WIRTZ

Sans la venue de pluies prochaines, et surtout conséquentes, la région du Nord-Est se trouvera, dès la semaine à venir, sur la même tendance de pénurie en eau qu’en 2003, la canicule en moins.

Météo France annonce des averses pour la semaine prochaine, mais elles seront insuffisantes pour combler un manque criant de précipitations, lui-même à l’origine d’une sécheresse qui sera déclarée dans les jours à venir. « On dépassera le stade de vigilance », prévoit Pierre Cumin, adjoint au délégué de mission du bassin Rhin-Meuse à la Dreal (direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement).

Son service garde un œil sur la Moselle et la Sarre parce que les cours d’eau sont les premiers à réagir, talonnés par les nappes phréatiques.

Sur les réserves

Relativement bien chargées en 2013, elles ne sont déjà plus aujourd’hui à leur maximum et l’on vit sur leurs réserves de l’année précédente. Leur niveau est moins critique que celui des cours d’eau, mais sans pluie il le sera à son tour, confirme Pierre Cumin qui voit se dessiner un cadre très semblable à celui de 2003 et commun à la Franche-Comté et plus particulièrement dans le Doubs, ou encore l’Hérault en Languedoc-Roussillon. Deux régions qui présentent le même tableau clinique que dans le Nord-Est.

Une zone où la préfecture pourra, dans le cas d’un passage au stade de « crise » (qui n’est pas encore envisagé), prendre des mesures de limitation de consommation.

Le troisième et ultime niveau de réaction, la « crise renforcée », imposera un arrêt de tous les prélèvements nécessaires, à l’exception des besoins impérieux d’eau (refroidissement d’installations industrielles par exemple).

On peut lever les yeux au ciel, parce que la situation résulte de sa pingrerie. Le premier trimestre 2014 s’est montré particulièrement chiche en termes de précipitations au mois de mars où le pluviomètre de la station de Metz-Frescaty n’a mesuré que 19 % des 62 mm « habituels » qu’il pouvait attendre. Le régime est encore plus sec avec seulement 10 % de la normale climatique.

Un phénomène généralisé à toute la région qui doit sa sécheresse à la protection apportée cet hiver par des hautes pressions. Centrées sur l’Europe de l’est et l’Europe centrale, elles ont décalé les précipitations vers l’Ouest français, explique Météo France.

Frédéric CLAUSSE.

(Source: Républicain Lorrain)